Alex Yee : « Continuer à progresser dans les trois disciplines du triathlon »
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Alex Yee : « Continuer à progresser dans les trois disciplines du triathlon »

LB
Par Luc Beurnaux

Publié le mar. 28 juillet 2026

Mis à jour le mar. 28 juillet 2026

Fort de son titre olympique conquis à Paris 2024, le Britannique Alex Yee a remis l’ouvrage sur le métier, en cette saison 2026, après une incursion remarquée sur marathon, en 2025. Le licencié du Valence Triathlon, en France, revient sur ces dernières années fructueuses, et évoque aussi son avenir qu’il voit toujours sur triathlon olympique. Interview.

Alex, comment avez-vous vécu et digéré votre titre olympique à Paris ?

Paris a été un moment incroyable, mais je ne voulais pas que ce soit une ligne d'arrivée. J'ai pris le temps d'en profiter avec toutes les personnes qui m'ont permis d'en arriver là, puis je me suis rapidement remis au travail. Cette médaille apporte forcément de la confiance, mais ce qui me motive avant tout, c'est le chemin à parcourir et l'envie de continuer à progresser.

Avez-vous eu du mal à retrouver de la motivation après un tel accomplissement ?

Je pense qu'il est normal de prendre un peu de recul après un cycle olympique. Une fois que je me suis fixé de nouveaux objectifs, la motivation est revenue naturellement. Ce qui m'anime depuis toujours, ce n'est pas de cocher une case ou de gagner un titre, mais de devenir un meilleur athlète !

Je serais curieux de voir jusqu’où je peux aller sur marathon

Alex Yee
Alex YeeChampion olympique de triathlon

Pensez-vous avoir atteint votre potentiel sur marathon ?

Non, je ne pense pas. Mon marathon de Valence 2025 (2h06’38) m'a montré ce dont j'étais capable, mais aussi tout ce qu'il me reste à apprendre. Si un jour je décidais de me consacrer pleinement à cette distance pendant une période plus longue, je serais curieux de voir jusqu'où je pourrais aller.

© World Triathlon
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En quoi la préparation d'un marathon diffère-t-elle de celle d'un triathlon olympique ?

Le marathon demande une préparation beaucoup plus spécifique, avec un gros volume de course à pied et un travail permanent sur l'efficacité. En triathlon, l'entraînement est beaucoup plus varié puisqu'il faut répartir son travail entre trois disciplines. Cela dit, le triathlon offre déjà une excellente base aérobie, ce qui constitue un vrai avantage.

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L'idée de devenir le marathonien britannique le plus rapide de l'histoire vous fait-elle rêver ?

C'est un record prestigieux, mais je n'ai jamais couru après les chiffres. Si un jour je me consacre au marathon et que ce record vient récompenser une belle performance, j'en serais évidemment très fier.

Avec vos qualités pédestres, notamment, vous voyez-vous un jour prendre le départ d'un Ironman ?

Aujourd'hui, je prends toujours énormément de plaisir sur le format olympique. J'ai adoré préparer et courir un marathon, mais je ne me projette pas encore aussi loin.

Cette préparation marathon vous a-t-elle permis de progresser en triathlon ?

Oui, sans aucun doute. Elle m'a poussé à analyser encore davantage ma technique de course, ma fatigue ou encore ma récupération. Les données recueillies grâce à COROS tout au long de cette préparation nous ont été très utiles. Elles nous permettent de prendre de meilleures décisions d'un bloc d'entraînement à l'autre. C'est un vrai atout dans la planification.

On vous décrit encore souvent comme « un coureur à pied exceptionnel ». Est-ce que cela vous agace, cette vision « réductrice » ?

Je comprends pourquoi, car la course à pied a toujours été l'un de mes points forts. Mais on ne devient pas champion olympique de triathlon uniquement parce qu'on court vite. Je suis fier de tout le travail accompli en natation et à vélo pour devenir un athlète plus complet.

Alex Yee à la sortie de leau lors de la WTCS de Quiberon en juin dernier© COROS

Qui vous a le plus aidé à progresser en natation et à vélo ?

C'est vraiment le fruit d'un travail collectif. Mes entraîneurs, mes partenaires d'entraînement et British Triathlon m'ont accompagné pendant de nombreuses années. Il n'y a pas eu de déclic particulier, simplement beaucoup de travail, de régularité et d'apprentissage

Rappellez-nous comment vous avez découvert le triathlon ?

J'ai participé à un mini-triathlon organisé à Crystal Palace et j'ai tout de suite accroché. J'ai adoré la diversité de cette discipline, mais aussi le groupe d'amis et de partenaires d'entraînement qui s'est rapidement créé autour de moi. Ils ont énormément compté dans mon parcours.

Comment avez-vous choisi entre l'athlétisme et le triathlon ?

Je me suis toujours considéré comme un triathlète. Ce n'était pas un choix facile parce que j'adore courir, mais le triathlon m'offrait sans cesse de nouveaux défis. Cette possibilité de progresser dans trois disciplines différentes m'a tout de suite séduit.

Désormais, mes yeux se tournent naturellement vers les JO de Los Angeles 2028 en triathlon

Alex Yee
Alex YeeChampion olympique de triathlon

Quel regard portez-vous sur votre début de saison 2026 ?

Ce n'est évidemment pas le début de saison que j'espérais. Yokohama (5e place) m'a apporté quelques motifs de satisfaction, tandis que mes abandons à Quiberon et Alghero ont été décevants, même si c'étaient les bonnes décisions à prendre sur le moment. A Londres, j’ai chuté à vélo, et néanmoins réalisé le meilleur temps à pied (NDR : 13’52 sur 5km) pour terminer 14e. L'essentiel est désormais d'en tirer les enseignements pour préparer les prochains grands objectifs. Les Jeux de Los Angeles sont dans deux ans, c'est naturellement vers eux que se tourne désormais mon regard.

Avez-vous ressenti une pression particulière en succédant aux frères Brownlee (Alistair et Jonathan) ?

Ils ont surtout été une source d'inspiration. Ils ont profondément marqué le triathlon britannique et montré ce qui était possible. J'ai toujours voulu construire mon propre parcours, tout en ayant énormément de respect pour l'héritage qu'ils nous ont laissé.

Comment est née votre histoire avec le Valence Triathlon Club, en France  ?

Le club m'a fait confiance à une époque où je n'avais encore aucun résultat marquant. Il m'a énormément soutenu pendant mes premières années. Le Valence Triathlon Club possède une véritable culture du haut niveau et le Grand Prix français est probablement l'un des circuits les plus relevés au monde. Il a joué un rôle majeur dans ma progression.

© Dan Vernon
© Dan Vernon

Comment préparez-vous les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 ?

Mon objectif est simplement de progresser un peu chaque saison dans chacune des trois disciplines du triathlon, plutôt que de me projeter trop loin. Si je continue à avancer de manière régulière, j'espère arriver à Los Angeles dans la meilleure forme possible.

Quelle place occupent aujourd'hui les fameuses datas dans votre préparation ?

J'ai toujours aimé croiser mes sensations avec les données objectives. La fréquence cardiaque est un excellent indicateur pour s'assurer que les séances faciles restent vraiment faciles et que chaque entraînement produit les adaptations recherchées. Avec COROS, nous suivons également l'évolution de ma récupération et de ma charge d'entraînement sur le long terme, plutôt que de tirer des conclusions à partir d'une seule séance. Finalement, les datas sont là pour accompagner le processus. Elles ne remplacent jamais les sensations, mais elles permettent de prendre des décisions plus éclairées au quotidien.

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