Hayden Wilde vainqueur d’un Championnat du monde de triathlon IRONMAN 70.3 de folie

LB
Par Luc Beurnaux

Publié le dim. 13 septembre 2026

Mis à jour le dim. 13 septembre 2026

Hayden Wilde vainqueur d’un Championnat du monde de triathlon IRONMAN 70.3 de folie
© Bartlomiej Zborowski / IRONMAN

Vice-champion olympique de triathlon à Paris 2024, le Néo-Zélandais Hayden Wilde a remporté ce matin le Championnat du monde de triathlon IRONMAN 70.3 de Nice, au prix d’une course folle, devant le Norvégien Kristian Blummenfelt, auteur d’un incroyable semi-marathon couru en 1h05’12, qui l’a ramené à la deuxième place du podium. Ce dernier est complété par le tenant du titre Belge Jelle Geens. Le premier Français , Simon Viain, termine treizième.

La star néo-zélandaise du triathlon Hayden Wilde a une nouvelle fois démontré toute sa classe aujourd’hui à Nice, en remportant les Championnats du monde IRONMAN 70.3 2026 au terme d’une course réunissant l’un des plateaux les plus relevés jamais alignés en 20 ans d’histoire de cette épreuve emblématique. Son premier titre sur ce format, après avoir terminé deuxième des Mondiaux de la distance en 2024, chez lui, à Taupo (Nouvelle-Zélande).

Wilde est sorti vingt-deuxième à l’issue des 1900 premiers mètres de compétition disputés dans l’eau, à seulement 16 secondes du leader du premier groupe comptant 27 unités, l’Américain Seth Rider.

Dès les premiers kilomètres à vélo, le Néo-Zélandais a commencé à remonter plusieurs concurrents, faisant preuve de patience et de détermination dans les ascensions. Il a atteint le sommet du col de Vence en septième position, à seulement 37 secondes de la tête.

Dans la descente vers Nice, Wilde a alors accéléré et n’a pas tardé à rejoindre le groupe de tête, composé de cinq hommes (voir plus loin). Auteur du deuxième meilleur temps vélo de la journée, il a posé le vélo en deuxième position, à seulement 11 secondes du leader surprise, l’Italien Michele Bortolamedi .

Dès les premiers kilomètres de course à pied, le Néo-Zélandais a rapidement comblé son retard et semblait gérer son effort à mi-parcours. Mais le tenant du titre belge Jelle Geens et le Norvégien Kristian Blummenfelt, lancés à pleine vitesse, ont contraint Wilde à hausser à nouveau son rythme pour contenir le retour de ces deux poursuivants.

Le Néo-Zélandais a finalement conservé suffisamment d’avance pour s’imposer en 3h50’51, avec 18 secondes d’avance sur Blummenfelt. Le champion du monde IRONMAN 70.3 en titre, Jelle Geens, complète le podium.

C’est génial de réussir à effectuer une course comme celle-là. Je descendais la Promenade et, vers le quinzième kilomètre, les jambes étaient vraiment bien. Je me suis dit : “Oui, on a coché cette case depuis Taupō, maintenant je continue simplement à avancer.” Puis je suis arrivé au 19e kilomètre et j’ai vraiment dû puiser dans mes réserves. Il y avait encore 32 secondes d’écart, alors je faisais des calculs dans ma tête. Je pensais que je devais maintenir cette allure autour de 3’10/km, pour gagner. Kristian devait alors courir sous les 3’00/km pour me rattraper. Je me suis dit : continue, continue, passe cette petite difficulté et profite de la descente. Je réalise encore à peine, pour être honnête, mais c’est vraiment agréable d’avoir réussi.

Hayden Wilde
Hayden WildeChampion du monde 2026

Une dernière section pédestre effectuée sans montre au poignet, compliquant sa gestion de course. « En sortant de T2, j’avais toutes mes affaires dans les mains et j’ai donné un coup dans ma montre. Je pense que je l’ai envoyée jusqu’à la marina, ce qui était assez frustrant. Quand je regarde la course, ce n’était pas une course parfaite pour moi, il y a eu quelques erreurs, mais je suis vraiment satisfait de la manière dont j’ai géré la course à pied », a-t-il poursuivi. « À cinq kilomètres de l’arrivée, j’ai réussi à tenir. Les deux derniers kilomètres ont été très difficiles, mais Kristian a une excellente formule : “Il est pire de perdre.” Et oui, c’est clairement le cas. Alors avoir réussi à conserver cette avance est vraiment quelque chose de spécial. »

© Pablo Blazquez Dominguez / IRONMAN
Blummenfelt sur les talons de Wilde

Kristian Blummenfelt, lui, a tout donné jusqu’à la ligne d’arrivée, et il lui aura manqué quelques mètres pour l’emporter.

Je pense que j’ai perdu la course dans la descente à vélo. Je n’ai pas réussi à rester avec Gustav Iden, Marten Van Riel ou Nick Thompson ; les trois se sont échappé, et je pensais que j’allais perdre encore plus de temps. J’avais deux minutes de retard au sommet et je me disais que j’allais peut-être en avoir deux de plus dans la descente. Mais c’était plutôt positif lorsque j’ai entendu qu’il n’y avait plus que deux minutes trente. Les jambes étaient bonnes sur la dernière partie du vélo, alors je pensais avoir une solide course à pied dans les jambes et j’étais plutôt satisfait de ma performance. Mais c’est forcément mitigé de perdre une course comme celle-là dans une descente face à Hayden. Deux minutes et demie au départ du semi-marathon, c’est beaucoup, même si j’avais réussi à refaire cet écart à Geelong il y a six mois. C’était encore une bataille épique, simplement dommage de me retrouver cette fois du mauvais côté.

Kristian Blummenfelt
Kristian BlummenfeltVice-champion du monde 2026

Blummenfelt aura néanmoins marqué des points en vue des prochains Championnats du monde IRONMAN de Kona. « Il reste quatre semaines avant le grand rendez-vous à Hawaï, alors il faut simplement se reconcentrer. Je pense que les autres, comme Casper Stornes, Gustav Iden se tournent déjà vers la suite après cette course, puisqu’ils n’ont pas obtenu le résultat qu’ils espéraient. »

Champion du monde en titre, Jelle Geens est allé chercher sa place sur le podium après avoir posé le vélo en douzième position.

Je pense avoir réalisé une bonne natation. J’étais suffisamment proche de la tête et les sensations étaient plutôt confortables. Sur le vélo, il y a eu beaucoup de dépassements dans la première partie. Mais une fois arrivés dans l’ascension, le rythme était vraiment élevé. Je pense avoir manqué quelques watts à ce moment-là et je suis arrivé au sommet avec un écart trop important. J’ai mal géré cette partie et je n’ai pas réussi à intégrer le groupe de Gustav avant T2. Je voulais jouer la victoire et je suis parti sur un rythme très élevé à pied, avant d’être obligé de ralentir. Bravo à Kristian et Hayden, leur course était vraiment impressionnante.

Jelle Geens
Jelle GeensTroisième des Championnats du monde 2026
© Bartlomiej Zborowski / IRONMAN
Jelle Geens, troisième

Une compétition serrée dès la natation

60 des meilleurs triathlètes professionnels masculins au monde se sont élancés à 7 heures ce matin dans les eaux bleu azur de la Méditerranée. Un large groupe de tête s’est rapidement formé, avec l’Allemand Cedric Osterhold, l’Italien Michele Bortolamedi et le Suisse Ben Faeh imprimant un rythme élevé sur les 700 premiers mètres, sans parvenir à décrocher les favoris annoncés avant la course au rang desquels les Belges Marten Van Riel, Jelle Geens, l’Allemand Rico Bogen, les Norvégiens Casper Stornes et Kristian Blummenfelt, le Néo-Zélandais Hayden Wilde, tous bien installés dans le groupe de tête.

L’Américain Seth Rider accélérait dans les derniers mètres pour sortir de l’eau en première position en 23’28, avec seulement deux secondes d’avance sur Bortolamedi. L’Anglais Sam Dickinson et le Sud-Africain Jamie Riddle complétaient les premières positions. La course était déjà extrêmement serrée, puisque les 27 premiers triathlètes ont quitté l’eau en l’espace de seulement 22 secondes.

Simon Viain et Gustav Iden en vue sur la section vélo

Bortolamedi a été le premier à s’élancer sur le parcours vélo, mais ce sont Riddle, l’Australien Josh Ferris, les Allemands Jonas Schomburg et Lasse Nygaard Priester qui ont pris les commandes dans les premiers kilomètres des 90 km du parcours. Comme en natation, la lutte pour les positions a été intense à l’approche de l’ascension. Stornes, Wilde et Geens se surveillaient de près et figuraient dans le top 10 alors que le peloton abordait le col de Vence.

Le Français Simon Viain a réalisé le meilleur temps dans l’ascension du col de Vence, en 26’37, mais c’est Bortolamedi qui a franchi le sommet en première position. Une fois l’ascension terminée, les triathlètes ont basculé dans la descente vers Nice. C’est dans cette portion que Wilde a démontré toute l’étendue de ses qualités à vélo, rejoignant rapidement les cinq hommes de tête. Iden a lui aussi exploité ses qualités de descendeur, dépassant plusieurs concurrents devant lui tandis que Stornes et Rider restaient à son contact.

Alors que les leaders plongeaient vers Nice, Bortolamedi a placé une dernière accélération pour entrer le premier à la deuxième transition, suivi de près par Wilde, Bogen, Priester et Ferris. Iden signait le meilleur temps vélo de la journée en 2h16’43, mais posait le vélo avec 54 secondes de retard sur le leader.

Un semi-marathon qui redistribue les cartes

Tous les principaux favoris sont partis très rapidement à pied. Wilde a pris la tête dès le premier kilomètre, avant que Priester ne le rejoigne quatre kilomètres plus tard. Geens et Blummenfelt ont également démarré sur un rythme très élevé, le Belge gagnant neuf places après 25 minutes de course tandis que le Norvégien remontait à la cinquième position. Au seizième kilomètre, les deux hommes avaient intégré les positions du podium.

Alors que Blummenfelt et Geens revenaient rapidement sur lui, Wilde trouvait un second souffle dans les derniers kilomètres du semi-marathon. Il a ainsi résisté au retour du Norvégien, qui est revenu à seulement 18 secondes du Néo-Zélandais. Hayden Wilde devient ainsi le premier Néo-Zélandais depuis 2008 à remporter le titre mondial IRONMAN 70.3.

Côté français, Simon Viain termine treizième et Félix Forissier vingtième, Casimir Moine 25e, Nathan Guerbeur 29e, Quentin Barreau 34e, Valentin Rouvier 40e.

Top 10 hommes

1 ) Hayden Wilde (Nouvelle-Zélande) : 3h50’51

2) Kristian Blummenfelt (Norvège) : 3h51’09

3) Jelle Geens (Belgique) : 3h52’40

4) Gustav Iden (Norvège) : 3h53’16

5) Lasse Nygaard Priester (Allemagne) : 3h54’08

6) Casper Stornes (Norvège) : 3h54’23

7) Jamie Riddle (Afrique du Sud) : 3h54’44

8) Jonas Schomburg (Allemagne) : 3h55’23

9) Sam Dickinson (Grande-Bretagne) : 3h55’40

10) Michele Bortolamedi (Italie) : 3h55’51

© Bartlomiej Zborowski / IRONMAN

Sept Français dans le TOP 11 du classement scratch Groupes d’âges

La course Groupes d’âges, à laquelle 3500 triathlètes ont participé, a vu la victoire de l’athlète neutre Evgeny Tikhonin en 4h15’24, devant le Suisse Geoffroy Bagnoud, et l’Allemand Thorben Scholl.

Les amateurs français y réalisent un tir groupé, en plaçant sept athlètes dans le Top 11 du classement général ;

Robin Lemercier prend la quatrième place (et deuxième de sa classe d’âge 25-29 ans), juste devant un autre Tricolore, Antoine Viertaix, cinquième du scratch (deuxième de sa catégorie 18-24 ans).

Alexandre Caille, vainqueur de l’IRONMAN des Sables d’Olonne en 2025, et des IRONMAN 70.3 de Tours et Vichy en 2026, termine septième du scratch (et deuxième de la catégorie 30-34 ans), devant Anatole Giraud-Telme, huitième, Brice Gayant, neuvième, Victor Tourde, dixième, et Florian Richard, onzième.

Richard Sumpter se hisse troisième de la catégorie 45-49 ans.

Laurent Lambert remporte la catégorie 50-54 ans, tout comme Christophe Bastié chez les 55-59 ans.

Christian Masera et Jean-Luc Franchi se classent deuxième et troisième des 65-69 ans, Gilles Macherey quatrième chez les 70-74 ans.

Jean Marc Primault et Thierry Poynard terminent deuxième et troisième des 75-79 ans, et Albert Dulac remporte la catégorie 80-84 ans en 8h12’08.